Alice Pung – Laurinda

Critique de livre

“La vie n’est rien plus que l’école secondaire.” dit Kurt Vonnegut. C’est ce qu’a écrit Alice Pung pour préfacer Laurinda, un lycée prestigieux pour filles dont nous rêvons ou faisons peur selon nos préférences. L’école ouvre ses grandes portes à Lucy Lam, australienne d’origine asiatique, gagnante de leur première bourse ‘Equal Access’. Le père de Lucy est immigré et ouvrier. Sa mère travaille jour après jour sur la machine à coudre et met son bébé dans un carton. Laurinda va donc être un univers déroutant pour Lucy, qui doit apprendre la langue des élites et essaie de s’y intégrer.

Lucy voit vite que le défi de survie demande plus que la réussite scolaire. Il faut connaître le système politique mis en place au sein même de l’école, et surtout le Cabinet, un trio de filles aussi menaçantes que celles du film Lolita malgré moi. Elles charment et piègent les étudiantes, même des professeurs, avec leurs talons et blagues traumatiques. Lucy reste sur ses gardes d’abord, se cachant dans la bibliothèque pour éviter tout conflit avec elles, mais au fur et à mesure les filles vont être fascinées par elle et l’impliquer dans leurs manoeuvres. L’orgueil scolaire va l’étouffer, le but n’étant que de la convertir en ‘Laurindienne’. Plus Lucy la devient, plus elle s’éloigne de sa culture familiale et comprend les préjugés et le racisme de ses camarades. Elle écrit en format de journal des lettres adressées à Linh, son ‘soi’ du passé. Tandis que les guerres s’aggravent, Linh est un point de repère essentiel, lui rappelant son intégrité.